Conseils de couvreur
Installateur de fenêtre de toit : le métier, les garanties, ce qu'elles couvrent
Une fenêtre de toit s’achète en grande surface de bricolage, et beaucoup de gens en concluent que c’est un produit de menuiserie qu’on installe. C’est une erreur de nature.
Une fenêtre de toit est un trou fait dans une toiture. Ce trou coupe des éléments porteurs, interrompt l’écran de sous-toiture, interrompt l’isolation et le pare-vapeur, et crée un point singulier dans la couverture, là où elle est censée être continue. Le vitrage n’est que la partie visible.
D’où la question, plus sérieuse qu’elle n’en a l’air : qui installe ça, et qui répond de quoi ensuite ?
Les trois métiers dans une pose
Une pose de fenêtre de toit met en jeu trois savoir-faire distincts, dans cet ordre.
La charpente. L’ouverture coupe un ou plusieurs chevrons. La charge qu’ils portaient doit être reprise par un chevêtre, un encadrement qui la transmet aux chevrons restés entiers. C’est du calcul et de l’assemblage bois. C’est la partie qui décide de la tenue dans le temps, et c’est celle qu’on ne peut plus vérifier une fois refermée. Ce sont des travaux de charpente à part entière.
La couverture et la zinguerie. Le raccord d’étanchéité fait la jonction entre le cadre et le matériau de couverture. Il n’est pas le même sur tuile mécanique, tuile plate, ardoise ou bac acier, et il doit s’intégrer au sens d’écoulement de l’eau. À cela s’ajoute la reprise de l’écran de sous-toiture, qui doit être recoupé et raccordé au cadre, jamais simplement percé.
La finition intérieure. L’habillage du tunnel, et surtout la continuité de l’isolation et du pare-vapeur autour du cadre. Bâclée, cette partie ne provoque pas une fuite mais une condensation, qui ressemble à une fuite et qui n’a pas la même cause ni le même remède.
Les deux premiers métiers sont ceux d’un couvreur charpentier. C’est la raison de fond pour laquelle une fenêtre de toit se pose par un couvreur, et pas par un menuisier ou par un poseur généraliste.
Ce qu’un installateur doit pouvoir montrer
Trois pièces, et elles se demandent avant le devis, sans gêne particulière. Un professionnel installé les fournit sans discuter.
Un numéro SIRET actif. Il s’agit simplement de vérifier que l’entreprise existe et qu’elle est en activité. Le numéro se vérifie librement sur les bases publiques d’entreprises.
Une attestation d’assurance décennale en cours de validité. C’est la pièce essentielle. Elle porte une période de validité, une activité couverte et le nom de l’assuré. Les trois se lisent. Une attestation périmée ne vaut rien, et une attestation dont l’activité déclarée ne couvre pas la couverture ou la charpente ne vaut pas davantage pour ce chantier.
Une expérience de la fenêtre de toit en particulier. Elle ne se prouve pas par un papier, mais elle se teste en deux questions, posées plus bas.
Les deux garanties, et pourquoi les confondre coûte cher
C’est le point mal connu, et c’est celui qui décide de qui paie en cas de problème.
Il y a deux garanties, elles ne viennent pas de la même personne, elles ne couvrent pas la même chose, et elles n’ont pas la même durée.
La garantie du fabricant : elle couvre la fenêtre
Le fabricant de la fenêtre garantit son produit. Le corps de menuiserie, le vitrage, parfois séparément la quincaillerie et les accessoires électriques, avec des durées différentes selon les éléments.
Ce qu’elle couvre : un défaut du produit lui-même. Un vitrage dont le scellement lâche prématurément, un assemblage défectueux, un moteur qui ne tient pas.
Ce qu’elle ne couvre pas : la pose. Une fenêtre parfaitement conforme, posée de travers ou avec un raccord mal exécuté, fuira. Le fabricant n’y est pour rien, et il ne prendra rien en charge.
Une précision qui compte : beaucoup de garanties fabricant sont conditionnées à une pose conforme aux prescriptions du fabricant. Une pose hors clous ne fait pas que priver le client de la garantie de pose, elle peut aussi lui faire perdre la garantie produit.
La garantie de l’installateur : elle couvre la pose et l’étanchéité
L’artisan qui pose engage sa responsabilité sur son travail. C’est un régime différent, et il est plus large qu’on ne le croit.
La garantie de parfait achèvement couvre, pendant l’année qui suit la réception, tous les désordres signalés, y compris de finition.
La garantie de bon fonctionnement couvre pendant deux ans les éléments d’équipement dissociables, ceux qu’on peut retirer sans abîmer l’ouvrage. Un volet roulant ou un store motorisé relèvent de cette catégorie.
La garantie décennale couvre pendant dix ans les dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou qui le rendent impropre à sa destination. Sur une fenêtre de toit, c’est très concrètement le défaut d’étanchéité : une infiltration par le raccord rend le local impropre à son usage, elle entre dans la décennale. Le chevêtre mal repris qui déforme le pan de toiture aussi. Le détail du régime est traité dans la garantie décennale d’un couvreur.
C’est la garantie qui compte le plus ici, parce que les désordres d’une fenêtre de toit apparaissent rarement la première année. Un raccord mal posé peut tenir deux hivers avant de céder.
La ligne de partage, résumée
Le fabricant répond de la fenêtre. L’installateur répond du trou dans le toit.
Une fuite autour d’une fenêtre de toit relève presque toujours du second, parce que l’eau ne passe presque jamais à travers une menuiserie : elle passe autour.
Conséquence pratique, et elle est directe : une fenêtre achetée par le propriétaire et posée par une connaissance ne bénéficie d’aucune garantie de pose. Il reste la garantie fabricant sur le produit, qui ne couvrira pas l’infiltration. En cas de dégât des eaux, l’assureur cherchera un responsable et ne trouvera personne.
Deux questions qui situent un interlocuteur
Elles sont simples à poser et les réponses sont parlantes.
« Comment comptez-vous reprendre les chevrons coupés ? » Une réponse précise décrit un chevêtre, ses traverses et ses appuis. Une réponse vague sur le fait que la fenêtre « se pose entre les chevrons » ou qu’elle « est autoportante » doit alerter : aucune fenêtre de toit ne reprend la charge d’une charpente.
« Que faites-vous de l’écran de sous-toiture ? » Il doit être recoupé et raccordé au cadre, de manière à ce que l’eau qui circule dessous soit conduite au-delà de l’ouverture. S’il est simplement percé, cette eau n’a plus d’issue et finit dans l’isolant.
Une troisième question, plus terre à terre, est utile aussi : quel raccord d’étanchéité pour ma couverture ? La réponse doit citer le matériau en place et le type de raccord correspondant, pas rester générale.
Ce que nous faisons
Nous sommes couvreurs et charpentiers, installés en Essonne, et nous intervenons sur l’Essonne et le Val-de-Marne.
L’ouverture est repérée depuis l’intérieur avant tout devis, parce que c’est le seul moyen de savoir si la fenêtre souhaitée tombe entre les chevrons ou en coupe un. Le chevêtre est posé avant la fenêtre, l’écran de sous-toiture est repris et raccordé au cadre, le raccord d’étanchéité est choisi selon la couverture en place.
L’attestation d’assurance décennale est jointe au devis. Elle n’a pas à être réclamée.
Pour une pose de fenêtre de toit, parlons de votre projet.

