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Pose de plusieurs fenêtres de toit sur une couverture en ardoise, un couvreur au travail sur le pan

Conseils de couvreur

Pose d'un VELUX sur une toiture en ardoise : ce qui change

Poser une fenêtre de toit sur une couverture en ardoise n’est pas une variante mineure de la pose sur tuile. C’est un autre travail, plus long, plus manuel, et qui se juge sur des détails que personne ne verra une fois le chantier fini.

La raison tient au matériau lui-même. L’ardoise est plate, mince, posée en petits éléments qui se recouvrent largement, et tenue par des crochets ou des clous. Chacune de ces caractéristiques change quelque chose au raccord.

Un matériau plat, posé en petits éléments à recouvrement

Une tuile mécanique mesure environ trente centimètres sur quarante et possède un relief d’emboîtement qui la solidarise à ses voisines. Une ardoise fait couramment trente-deux sur vingt-deux, elle est parfaitement plate, et rien ne l’emboîte : c’est le recouvrement qui fait l’étanchéité.

Sur une couverture en ardoise, chaque élément est recouvert par les deux rangs qui le surmontent. Cette superposition sur trois épaisseurs est ce qui empêche l’eau de passer, et c’est ce qui explique qu’une couverture en ardoise bien posée tienne un siècle.

Concrètement, cela a deux conséquences pour une pose de fenêtre :

  • Il y a beaucoup plus d’éléments autour d’une ouverture qu’avec de la tuile. Là où on retaille six ou huit tuiles, on retaille vingt ou trente ardoises.
  • Chaque élément travaille avec ses voisins. Modifier une ardoise a un effet sur celles qui la recouvrent et sur celles qu’elle recouvre.

Le raccord s’intègre dans l’épaisseur, il ne passe pas par-dessus

C’est la différence de principe la plus importante, et c’est celle qui distingue un raccord bien posé d’un raccord posé à la va-vite.

Sur une tuile mécanique à fort relief, le raccord d’étanchéité passe par-dessus le relief. Sa bavette est plissée précisément pour épouser les ondes et se plaquer sur les creux. La pièce vit au-dessus de la couverture.

Sur ardoise, il n’y a pas de relief à franchir. Le raccord est plat, et il ne se pose pas dessus : il s’intègre dans l’épaisseur du recouvrement. Les pièces latérales viennent se glisser entre les rangs, exactement comme le ferait une ardoise supplémentaire, et les ardoises voisines les recouvrent à leur tour.

Ce qui en découle :

  • Le raccord retenu doit être celui prévu pour matériaux plats. Un raccord pour tuile posé sur ardoise laisse un vide sous la bavette, et ce vide est un chemin pour l’eau poussée par le vent.
  • La pose se fait dans l’ordre de la couverture, de bas en haut, en insérant les pièces au fur et à mesure. On ne peut pas poser le raccord d’abord et refermer autour ensuite.
  • Le résultat doit être plan. Une surépaisseur autour du raccord soulève les ardoises du rang supérieur et ouvre un jour sur toute la largeur.

Les ardoises du pourtour se retaillent une à une

C’est la partie du chantier qui prend le temps, et il n’y a pas de raccourci.

Autour d’une fenêtre de toit, aucune ardoise ne tombe juste. Chacune de celles du pourtour est mesurée, tracée, coupée, puis présentée. C’est un travail manuel, à la main et à l’outil de couvreur, ardoise par ardoise.

Deux exigences guident chaque coupe, et elles sont souvent contradictoires.

Première exigence : l’ardoise coupée doit rester tenue. Une ardoise est fixée par un crochet en partie basse, ou par deux clous selon la technique de pose. Si la découpe supprime la zone où le crochet vient prendre, l’ardoise n’est plus retenue que par le poids des rangs supérieurs. Elle ne tombe pas immédiatement, ce qui est le piège : elle glisse de quelques centimètres au premier coup de vent sérieux, et le passage s’ouvre.

Quand une ardoise ne peut pas conserver sa fixation d’origine après découpe, elle se reprend autrement : crochet déplacé, patte de fixation adaptée, ou en dernier recours une ardoise de format différent. Ce qui ne se fait pas, et qu’on trouve pourtant sur des poses reprises : un point de mastic ou de colle pour maintenir l’ardoise. Ça tient une saison.

Seconde exigence : le recouvrement doit être conservé. Une ardoise coupée trop court n’a plus assez de longueur sous celle qui la recouvre. Le trajet que l’eau devrait parcourir entre deux joints devient trop court, et l’eau remonte par capillarité, aidée par le vent, jusqu’à passer derrière.

C’est un défaut discret. La couverture paraît régulière vue du sol, les ardoises sont bien alignées, et pourtant il y a une zone où l’étanchéité ne tient plus qu’à la météo. La fuite se déclare des mois plus tard, par pluie battante et vent, et personne ne fait le lien avec la pose.

Entre ces deux exigences, il y a des configurations où la coupe idéale n’existe pas. C’est là que le métier se voit : un couvreur qui pose de l’ardoise régulièrement sait décaler l’implantation de quelques centimètres pour retomber sur des coupes saines, plutôt que de forcer une position et de multiplier les ardoises fragiles.

Le support est souvent à reprendre autour de l’ouverture

L’ardoise se pose sur deux types de support : un voligeage, c’est-à-dire un platelage de planches jointives ou faiblement espacées, ou un liteaunage de tasseaux réguliers.

Dans les deux cas, le support porte les fixations. Un crochet qui prend dans une volige pourrie ne tient rien, et un liteau vermoulu lâche sous la traction.

Or, sur les toitures en ardoise que nous reprenons en Essonne et dans le Val-de-Marne, le support a souvent l’âge de la maison. La dépose des ardoises autour de l’ouverture est le seul moment où on peut le voir et le reprendre. Une fois la fenêtre posée et la couverture refermée, cette zone n’est plus accessible sans tout rouvrir.

C’est pour cette raison que la reprise du support autour d’une ouverture n’est pas un supplément optionnel. Constater une volige altérée, la laisser en place et poser dessus revient à programmer une intervention dans quelques années, au même endroit et avec le même démontage.

Un devis honnête le dit à l’avance : ce qui est compris, et ce qui serait repris si la dépose révélait un support en mauvais état.

Ce que nous regardons avant de chiffrer une pose sur ardoise

Quatre points, relevés en visite :

  1. Le type de pose en place : crochets ou clous, et le format des ardoises. C’est ce qui dit comment les éléments retaillés seront tenus.
  2. Le pureau, c’est-à-dire la partie visible de chaque ardoise, qui donne le recouvrement réel. Il varie selon la pente et l’exposition, et il détermine la marge disponible sur les coupes.
  3. La nature et l’état du support, voligeage ou liteaunage, autant que ça se laisse voir depuis l’intérieur ou depuis un point de dépose.
  4. La pente, comme sur toute pose de fenêtre de toit, parce qu’elle doit se trouver dans la plage admissible de la fenêtre retenue.

L’ardoise demande plus de temps qu’une pose sur tuile mécanique, et c’est normal. Ce temps est celui des découpes et de leur reprise en fixation. C’est aussi ce qui fait qu’une pose sur ardoise soignée ne se distingue pas, une fois finie, du reste de la couverture : c’est le seul résultat acceptable sur ce matériau.

Pour une pose de fenêtre de toit sur une couverture en ardoise en Essonne ou dans le Val-de-Marne, parlons de votre projet.

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